ANNE DE THOISY-DALLEM COLLECTION, PARIS. Version Française

Country: France
City: Paris


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Anne de Thoisy-Dallem
et sa collection de poudriers anciens

Une extraordinaire collection de 2500 pièces
cataloguée selon des critères muséographiques

    La collection d’Anne n’est pas seulement le résultat d’une passion pour les beaux objets.
    Anne a un cursus impressionnant doublé d’une expérience significative comme conservatrice du Patrimoine dans différents musées. Elle est diplômée de l’Institut national du Patrimoine, des Etudes supérieures de l’Ecole du Louvre et titulaire d’un Master en histoire de l’Art et Archéologie à la Sorbonne.
    Grâce à ses connaissances approfondies en art et en muséographie, elle a pu rassembler une exceptionnelle collection de pièces rigoureusement sélectionnées et classées. La Collection Anne de Thoisy-Dallem est ainsi unique par son originalité et son bon état de conservation.
   Dans les commentaires qui vont suivre, Anne, à propos des pièces choisies, révèle des aspects historiques et anecdotiques parfois inédits qui nous font revisiter les époques passionnantes durant lesquelles ces objets ont été créés.

ACCESSOIRES, NECESSAIRES et BOÎTES à POUDRE

Années 1900

Eventail publicitaire Parfum Oréade, L.T. Piver. Paris, vers 1900. Dessin : Octave Denis Victor Guillonnet (1872-1967), 29 x 23 cm. Lithographie en couleur (Maquet imprimeur, 10, rue de la Paix, Paris), bois. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.

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   Cet éventail est signé « O.V.D Guillonnet » en blanc (en bas à droite quand il est ouvert). Guillonnet (1872-1967) est un peintre français, médailliste, décorateur et illustrateur. Elève de l’Ecole des Beaux-arts de Paris, il devient populaire en peignant des tableaux de sport et des portraits. C’est aussi un décorateur très talentueux  présent sur les chantiers des Palais nationaux, des mairies et aux Expositions universelles de Paris. Il s’intéresse également aux Arts décoratifs, dessine des vitraux, des menus pour la Présidence de la République, des mosaïques, céramiques, tapisseries et éventails. N’aimant pas ses prénoms, il signe « O.V.D Guillonnet ». Sur cet éventail, un groupe de cinq jeunes femmes blondes, accompagnées d’un petit faune, évoquent les muses de la mythologie. Vêtues de draperies blanches, chargées parfois de guirlandes ou de paniers de fleurs, se baignant ou jouant de la flûte, elles apportent des dons à une divinité de la nature près d’un autel en marbre blanc.   

   Au début du XXème siècle, Guillonnet séjourne au bord de la Méditerranée près de Nice. L’ influence du rivage est évidente sur ce dessin : ciel bleu, pins, eau transparente et grands lauriers roses et blancs. On lit à gauche « Souvenir de Vichy-Etat », à droite « Parfum Oréade LT. Piver Paris », et au dos, sur fond imprimé jaune aux bouquets de fleurs, « Vichy Célestins – ses pastilles-comprimés – Vichy Etat », « Parfumerie L.T. Piver, 10, Boulevard de Strasbourg, Paris ». Vichy-Etat était une importante société thermale. Ce genre d’éventail en papier, souvent parfumé, était distribué gratuitement.


Vers 1900

Parfumerie Anthéa, Roger et Gallet. Paris. Vers 1900. Côté : 17,8 cm. Carton, papier, velours, soie, verre. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.

1900_16_Coffret-Roget-et-Gallet-avec-une-boite-a-poudre-L-extra-fine-et-deux-flacons-d'extrait-Anthea.-Vers-1900.-Coll_850-W

    « Parfumerie » est, à la fin du XIXème siècle, le terme qui désigne aujourd’hui une ligne parfumée. La maison de parfums Roger et Gallet fut l’une des premières à lancer ce type de produits. Fondée par les beaux-frères Armand Roger et Charles Gallet, la marque parisienne a conçu des fragrances, produits de beauté et savons pendant plus de 150 ans. Une boîte à poudre ronde « L’extra fine poudre de riz Roger et Gallet Paris peau d’Espagne », deux flacons de parfum « Extrait Anthéa » l’un marqué « Héliotrope blanc », l’autre « lilas blanc » ainsi qu’un « Savon extra » ont été placés dans un coffret gainé de velours vert pâle. Ils sont disposés sur de la ouate entourée de papier imitant la dentelle. Une feuille de papier blanc, ornée de rubans roses et accompagnée de brochures publicitaires et explicatives, protège les produits.


Années 1920

    Deux boîtes à poudre-cachottières : ce type de pièces a commencé à être fabriqué pendant les années 1880 en Allemagne. Elles sont d’ailleurs le plus souvent d’origine allemande (importantes manufactures de porcelaine comme Dressel et Kister, Goebel, Volkstedt, Karl Schneider en Thuringe et en Bavière). Il existe une fabrication française de bonne qualité dans le Nord (Henri Delcour à Boulogne-sur-Mer, Fourmaintraux-Dutertre à Desvres).
    Avant la Seconde Guerre Mondiale, la  majorité de la gent féminine est constituée de femmes au foyer. Elles apprennent très jeunes, de leurs mères et de leurs grand-mères, les travaux d’aiguille : broderie, dentelle, crochet ou tricot. Pendant les années 20, elles pouvent s’acheter des demi-figurines représentées nues et moulées en porcelaine blanche qu’elles habillent de morceaux de tissu, de rubans ou de dentelle pour se divertir et agrémenter leur intérieur.
    Ces demi-figurines aux lèvres rouges et aux joues roses portent des bijoux, des chignons, chapeaux ou autres bibis, ainsi que des coiffures crantées ou “à la garçonne”, blondes ou brunes. On pouvait s’acheter des modèles déjà vêtus lors de la sortie de l’usine ou des “poupées” à habiller complètement. Elles étaient cousues, parfois collées, sur des boîtes à poudre mais aussi sur des théières, bonbonnières, brosses… L’objet portait alors le joli nom de “cachottière”.

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    A GAUCHE : Boîte à poudre-cachottière avec jeune femme à la jupe en dentelle noire. France (?). Vers 1920. Hauteur : 13,5 cm. Porcelaine, tissu et dentelle. Collection Anne de Thoisy-Dallem.
 La jeune fille représentée ici porte ses cheveux noirs en coupe au carré. Son buste de porcelaine est habillé d’un justaucorps blanc et vert pâle. Sur son épaule sont disposées des roses de porcelaine. Elle porte un grand jupon de dentelle noire surmontant une jupe en fibres synthétiques jaunes. La boîte à poudre en carton est gainée d’un tissu vert un peu passé. On peut lire sur une étiquette le nom « Rosette Delien ».

    A DROITE : Boîte à poudre-cachottière avec jeune femme en jupon de dentelle blanche. Allemagne ou France. Vers 1920. L. 13,5 cm. Porcelaine et dentelle. Collection Anne de Thoisy-Dallem.
    Cette ravissante cachottière est surmontée d’une figurine Art Déco aux cheveux noirs et courts avec accroche-coeurs. Sa tête ressemble à celle d’un Pierrot, sujet très à la mode dans les années 20. Elle pose ses deux mains sur sa poitrine de porcelaine. Sous son buste dénudé, elle porte un large jupon en dentelle blanche. Au-dessous, la boîte à poudre en carton est gainée d’un tissu rose pâle. Une paire de jambes minces et blanches portant des chaussures dorées, a été cousue grâce à deux petits trous aménagés dans la céramique.

Années 1920: Deux poupées-cachottières venues d’Allemagne

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    A GAUCHE : Boîte à poudre-cachottière à la marquise en vert assise, Allemagne, vers 1920. H. 17,8 cm. Porcelaine, tissu, dentelle mécanique, nacre, carton. Collection Anne de Thoisy-Dallem.
    Très joliment conçue, cette gracieuse demi-figurine représente une aristocrate du Siècle des Lumières. Son frais visage aux joues roses est surmonté d’un chignon haut et gris à boucles. Assise sur une boîte à poudre en plastique blanc gainée de velours caca d’oie, elle est vêtue d’une robe soyeuse verte à galons jaunes et verts. Ses jambes de porcelaine sont chaussées d’escarpins dorés ; en haut d’une jambe est inscrit “n° 100” et en bas du buste “n°195 2”. Ces numéros sont sans doute destinés aux informations de vente.

    A DROITE : Boîte à poudre-cachottière à la marquise en vert et rose tenant un éventail. Allemagne. Vers 1920. H.16 cm. Porcelaine, tissu, plastique, carton. Collection Anne de Thoisy-Dallem.
   
    Cette boîte à poudre-cachottière, très semblable à la précédente, représente également une petite marquise portant une haute perruque poudrée, grise et blanche. Pendant les années 20, la nostalgie pour le XVIIIème siècle est très présente dans les arts décoratifs (le manufacturier Goebel a d’ailleurs baptisé l’une de ses figurines Marie- Antoinette de France).  La jeune femme tient ici de la main droite un éventail rose fermé entre ses doigts délicatement moulés, et, de la main gauche, une rose contre sa poitrine. Elle porte un caraco jaune et blanc avec des manches en dentelle. Sa longue jupe à volants est en viscose vert acide, décorée de petites roses jaunes et roses et d’un galon rose vif. Au-dessous, la boîte en plastique noire vient de chez Caron.
    Sur cette photo, on voit aussi, au premier plan, deux demi-figurines en porcelaine blanche coiffées de grandes capelines. Cheveux ondulés, joues roses et bouches rouges, elles se tiennent très droites, les mains sur les hanches. A leur base, quatre petits trous permettent d’attacher des vêtements avec des fils de coton ou de métal. Il y a un numéro sur la porcelaine “1246” tandis que le mot « Deutschland » est écrit en noir à l’intérieur des figurines.

Années 1920 et 1930 : Sept poudriers modernistes en métal

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    Ce qu’on appelle aujourd’hui Art Déco était appelé « Moderne » à l’époque. L’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes tenue à Paris d’avril à octobre 1925, a donné son nom à un style apparu pourtant dès les années 1910 et qui a duré jusque dans les années 1940. Sur cette photographie, sont disposés des poudriers géométriques et colorés, au design inspiré par la peinture abstraite contemporaine. En haut, à gauche, le poudrier bleu et rond est marqué « Made in France », le décagone blanc et noir « Made in Czechoslovakia » et le poudrier rond, marron et jaune pâle « Germany ». Ils sont très modernes pour l’époque et rappellent par exemple le peintre tchèque Frank Kupka (1871-1957) pionnier et co-fondateur des phases précoces de l’Art Abstrait.
    Sur la ligne inférieure, quatre autres poudriers sont ornés de compositions géométriques. A gauche, la décoration du petit rond avec une boucle rouge sur fond noir rappelle le peintre Fernand Léger. Une seconde boucle imite la coquille d’oeuf, motif très en vogue pendant l’Art Déco. Le poudrier suivant est décoré d’un autre motif Art Déco connu figurant un gratte-ciel new-yorkais stylisé. Le dernier est un poudrier octagonal américain Barbara Gould décoré de lignes imbriquées en L, l’une rouge, l’autre blanche.


Années 20 :
Deux “nécessaires de dame” à chaînette

A GAUCHE : Nécessaire de dame à la rose émaillée. Probablement Etats-unis. 1925-1930. 5,3 x 7,7 cm. Métal argenté et émail.
A DROITE : Châtelaine ovale en cuivre jaune. Probablement Paris. 1920-1925. 8 x 5,7 cm. Cuivre doré

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    A GAUCHE : Ce nécessaire de dame suspendu à une chaînette est en maillechort. Ce pourrait être une production D.F.B (D.F. Briggs Co) mais il ne porte pas de marque. Sur le couvercle et sur la base, le décor s’inspire d’une reliure en cuir de livre ou de porte-monnaie. Au centre, une plaque rectangulaire blanche émaillée est décorée d’une rose à petites feuilles vertes.  La longue chaîne destinée au poignet est constituée de barres plates reliées par de petits anneaux. A l’intérieur, se trouve un tamis en métal, un réservoir à poudre et deux emplacements pour pièces de monnaie. Ces nécessaires étaient à la fois pratiques et élégants et, avec leurs chaînettes, tout à fait adaptés à l’usage qu’en faisaient les garçonnes émancipées des Années Folles.   

    A DROITE : Pendant les années 20, ces boîtes à maquillage métalliques aux longues chaînes de poignet, étaient principalement fabriquées en France et aux Etats-Unis. A Paris, une société appelée Oreum, située au 68, rue de la Chaussée d’Antin, prétendait remplacer l’or par un métal appelé Oreum mais il s’agissait seulement de cuivre doré. Cette châtelaine ovale probablement de fabrication française, rappelle ces nécessaires dorés à chaîne de la marque Oreum. Il n’y a pas de nom de fabricant mais ce type d’objet est fréquemment représenté sur les publicités Oreum des années 20 et 30. Aux Etats-Unis, le terme utilisé pour de tels objets pouvait être « Modern Essentials ». Sur le couvercle et la base, un décor rayonnant guilloché se déploie à partir de cercles centraux. A l’intérieur, le miroir est en excellent état tandis que deux réservoirs à poudre et à fard sont protégés par des clapets métalliques.

Années 1920-1930-1940
Trois poudriers en argent massif « Made in Czechoslovakia » 

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    EN HAUT : Poudrier en argent aux rayures en émail bleu. Tchécoslovaquie. 1921. 8,6 x  5 cm. Argent massif guilloché et laqué (teneur 935/1000). Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.
    Ce poudrier en argent massif s’ouvre comme un coffret précieux. Sur le bord du couvercle, se trouve un poinçon avec une libellule (poinçon d’argent tchèque à partir de 1921). La surface extérieure de la boîte est décorée de frises florales ondulantes avec un fond guilloché au motif dit de grains d’orge. Des lignes horizontales bleues disposées en quatre bandeaux traversent le couvercle et la base. A l’intérieur, en vermeil, est écrite en allemand la dédicace suivante : « Dem Star der Januar programms Fraulein G.B Herzlichst zugeeignet Frankfurt am M. 31.1.22. A. Sp. » ce qui signifie en français «Pour la star du programme de janvier Mademoiselle G.B Très chaleureusement à vous, Frankfort sur M. 31 Janvier 1922. A. Sp. ». Ce poudrier a peut-être été offert en cadeau ou en prix à l’occasion d’une performance académique, artistique ou athlétique.

    EN BAS A GAUCHE : Poudrier rectangulaire en argent au motif géométrique et aux fleurs. Tchécoslovaquie. 1935-1940. 7,8 x 6,8 cm. Argent massif guilloché et gravé (900/1000). Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.
    Sur le bouton-poussoir d’ouverture est inscrite la teneur en argent (900) près d’un poinçon en lettres capitales difficile à déchiffrer (A.W ?) ainsi qu’un poinçon triangulaire portant le chiffre 3, en bas à gauche. Il s’agit d’un poinçon d’argent tchèque pour l’argent 900 utilisé entre 1929 et 1940. Le décor gravé est un mélange de style Art Déco et d’un style plus ancien Art Nouveau, très populaire en Europe de l’Est. Le couvercle est orné de minuscules croisillons. Le cartouche central est encadré de feuillage stylisé avec des fleurs sur les côtés. Les bords sont surlignés de vaguelettes tout autour de l’objet tandis que la base porte des rayures verticales très régulières.


26---One-opened-IMGP4820 EN BAS A DROITE :
    Le poudrier suivant est de même origine. Ce poudrier en argent finement rayé (Tchécoslovaquie, 1940. 8 x 7,5 cm. Argent guilloché et gravé 900/1000. Collection Anne de Thoisy-Dallem) porte les mêmes poinçons tchèques que le précédent, sur le bord en bas à gauche. Le style du décor est similaire avec rayures et feuillage tout autour. A l’intérieur, au fond du compartiment à poudre, est gravé en allemand le texte suivant : « Zum Geburtstag Seiner Kamilla von Otto. 13. V. 1942 » ce qui signifie « Pour l’anniversaire de Kamilla de la part d’Otto. 15 mai 1942 ». Il s’agit probablement du cadeau d’un Allemand appelé Otto à sa petite amie. Ainsi ce cadeau allemand de la période de la guerre, trouvé en France des décennies plus tard, et fabriqué à l’origine en Tchécoslovaquie, convoque l’histoire et ouvre grand les portes de l’imagination.

 

1922, Boîte à poudre

Boîte à poudre D’Orsay Lalique. France. 1922. Diamètre : 10,5 cm. Hauteur : 4,5 cm. Verre pressé-moulé avec patine brune sur le couvercle.

Powder box D’Orsay « Eglantines ». Lalique. France. 1922. Dia. 10.5 cm. 4.5 cm high. Pressed, molded glass with brown patine effect on the top  René Lalique, the famous French glass designer (1860-1945) worked for the Perfumer Coty from 1907. Very quickly, all perfumery big names asked him to design their bottles. Between 1912 and 1928, he created at least twenty-five bottles for D’Orsay. This powder box was designed in 1922. The similarly decorated bottle is a little older (1920) and was designed for the D’Orsay perfume called Le lys (Lily). The matching powder box then was used for different perfumed powders from D’Orsay house. It was also sold in Lalique’s catalogue without the D’orsay label under the name « Emiliane » or « Eglantines ». Here, the top, marked « D’Orsay », is decorated with seventeen eglantine roses on transparent glass with a brown patine around the flowers. The base and sides are made of colorless glass and we can see a soft wooden puff inside. This very successful model was produced for decades.

    René Lalique (1860-1945), le fameux maître verrier français a travaillé pour le parfumeur Coty dès 1907. Très rapidement, tous les grands noms de la parfumerie lui ont demandé de concevoir leurs flacons. Ainsi, entre 1912 et 1928, il a créé au moins 25 flacons pour D’Orsay. Cette boîte à poudre a été conçue en 1922. Le flacon décoré du même motif, un peu plus ancien (1920), était destiné au parfum D’Orsay Le lys. La boîte assortie a été également utilisée pour différentes poudres parfumées de la Maison D’Orsay. Elle était aussi vendue, via le catalogue commercial de la Société Lalique, sans la marque D’Orsay, sous le nom d’« Emiliane » ou « Eglantines ». Ici le couvercle marqué « D’Orsay », est décoré de 17 églantines moulées sur le verre transparent avec une patine brune autour des fleurs. La base et les côtés sont en verre lisse et incolore laissant voir la houppette laineuse à l’intérieur. Ce modèle, très prisé, a été produit pendant des décennies.


Deux boîtes à poudre des années 1920

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    A GAUCHE : Boîte à poudre Cendres d’amour, Hyalisia, Paris. 1925. Diamètre : 6,8 cm. Carton et papier imprimé. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.
    Cette boîte à poudre cylindrique, gainée de papier gaufré coloré, est décorée d’un délicat motif : cinq dames vêtues de robes à la Française du XVIIIème siècle, portant éventails et cheveux poudrés, sont en conversation dans un parc. La nostalgie pour le XVIIIème siècle était très présente pendant les 25 premières années du XXème siècle.  Les couleurs raffinées sont rose saumon, dorées et blanches. Les inscriptions sur la base indiquent « Poudre de riz extra-fine au parfum Cendres d’amour. Teinte blanche » et « Hyalisia Parfumerie. 13, rue de Douai Paris ». La boîte, pleine de poudre, est fermée par un papier épais et blanc marqué « Hyalisia Paris ». Cette parfumerie de luxe se situait à Paris pendant les années 20 dans l’élégant quartier de la Nouvelle Athènes.

    A DROITE : Boîte à poudre GrisentisAuzière, Paris, Marseille. 1920. Diamètre : 7 cm. Carton et papier imprimé. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.
    Cette boîte ronde au papier vert, bleu, blanc et orange sur carton est décorée d’un dessin montrant une femme dans un environnement intime, assise sur son lit près de sa coiffeuse. Elle est vêtue d’une longue robe blanche, ses cheveux décorés de fleurs rassemblés en un roux chignon, et respire un petit bouquet tenu dans sa main droite. Sous cette scène, on peut lire « Grisentis ». Sur les côtés, sont figurés des coussins et des  éléments de passementerie. La base blanche porte une petite étiquette qui  indique la teinte « Naturelle » de la poudre. Le arêtes sont soulignées en noir et or.
    Le parfum Grisentis a été lancé en 1920 par la parfumerie Auzière, fondée à Paris et à Marseille en 1856 !

Support publicitaire de 1930
et trois boîtes à poudre Ashes of roses de Bourjois

Support publicitaire en forme de banc parisien, vers 1930. Bourjois, Paris. 32,8 x 8,2 x 21 cm. Bois peint en vert et métal. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.

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    Bourjois, l’une des plus anciennes maisons de cosmétique fondée en 1863, a toujours été à la pointe de l’innovation. Cet amusant support publicitaire pour les parfums Bourjois évoque le style des bancs verts et romantiques de la capitale française. Ils avaient été installés dans les parcs parisiens à la fin du XIXème siècle par l’architecte Gabriel Davioud (Buttes Chaumont, Bois de Boulogne, etc). La marque « Bourjois Paris » est inscrite en blanc sur le dossier. Les prix des produits sont imprimés sur l’assise. C’était probablement des flacons de parfums étant donné la haute valeur affichée (1500 francs, 460 francs, 920 francs). Pendant les années 30, des supports publicitaires très originaux étaient utilisés comme présentoirs dans les boutiques Bourjois telle une merveilleuse coiffeuse miniature contemporaine de ce banc.

    Trois boîtes à poudre Ashes of roses (cendres de roses), Bourjois. Design attribué à Paul Iribe. 1909 et 1923. Bourjois, Paris et Londres. Carton et papier imprimé. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.
   Boîte dorée : diamètre 7,2 cm. (création 1909)
   Boîte verte : diamètre 5,9 cm (création 1923)
   Petite boîte dorée et verte : diamètre 4,7 cm (création 1923)

    Ces boîtes rondes sont gainées de différents papiers dorés et verts. Sur le couvercle de la plus grande, l’inscription indique en anglais « Ashes of roses – Bourjois », « Paris France ». Les deux autres indiquent « Paris and London ». 
    Le dessin très simple à la ligne claire et les couleurs vives pourraient bien être de l’illustrateur français Paul Iribe (1883-1935): une rose rouge aux deux feuilles vertes placée dans un vase soliflore. Ce motif annonce l’Art Déco. Iribe développait à ce moment-là un nouveau style d’emballage avec d’autres maisons de mode ou de parfums comme Poiret, Lanvin et Lubin. Sur les bases des boîtes, les teintes nommées indiquent « Naturelle », « Rachel » et « Mandarine ». Le parfum Ashes of roses, mélange de roses et de bruyère, a été créé par le “nez” légendaire Ernest Beaux, créateur du N°5 de Chanel.
    La ligne Ashes of Roses a été lancée en France en 1909, aux Etats-Unis en 1913 et en Angleterre en 1923. In 1913, Bourjois décide de créer onze autres lignes déclinées en anglais au parfum de fleurs variées : Ashes of Heliotrope, lilac, Lily of the Valley, Jasmin et violets (cendres d’héliotrope, de lilas, de muguet, de jasmin et de violettes) mais Ashes of roses (cendres de roses) a toujours été la ligne la plus populaire, si populaire que les boutiques Bourjois ont même vu leurs murs et leur mobilier (chaises) décorés du motif de la rose.

Années 1930 : Palette publicitaire Coty

Palette publicitaire de fards Coty. Paris. Vers 1930. 16, 2 x 12,4 cm. Carton et fards

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    Cette palette de maquillage est un produit François Coty. De 1904 à sa mort en 1934, François Coty, le père de la parfumerie moderne, a été le premier à mélanger les essences naturelles et les produits de synthèse. Il dominait l’Industrie de la parfumerie. Les produits Coty étaient mondialement célèbres comme ses merveilleux parfums « La rose Jacqueminot » (1904), « Ambre Antique » (1908), « L’Origan » (1905) et ses cosmétiques modernes de très haute qualité, poudres, blushes ou rouges à lèvres.
    Sur le couvercle de cette boîte plate et rectangulaire, se lit l’inscription « Les fards Coty ». Elle est en carton brut. A l’intérieur est écrit « Les Fards Coty Brunes et blondes 12 teintes pour le jour et le soir ». 12 cases agencées dans le carton exposent différentes poudres teintées de l’orange au rose avec des recommandations d’utilisation (pour le soir…). La présentation pratique est très moderne à l’époque.


1937 : Deux “Vanity cases” allemands

Vanity case “Burlington” LSM laqué noir, Compagnie L. S. Mayer. Manufacture Gebrüder Schmidt, Idar-Oberstein, Allemagne (Réf. Lisa Larsson). Design 1937. 6,5 x 9,5 x 5,5 cm. Métal laqué noir, strass imitation diamants. Collection Anne de Thoisy-Dallem.

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    A GAUCHE : Ce vanity case a la forme d’un petit sac à main. Il a été conçu, comme le suivant, par la firme L.S. Mayer fondée en 1822 à Francfort par une famille juive avec filiales à Pforzheim, Berlin, New York et Paris. En 1933, le siège déménage à Londres…  Le vanity case est revêtu d’émail noir brillant, avec une boucle décorée de brillants, et se porte à l’aide d’une anse en métal argent. Il s’ouvre au sommet par un bouton-fermoir rond et métallique qui s’étend en deux parties de chaque côté de la charnière. Du côté contenant le poudrier, est gravée une minuscule houppette tandis que du côté des cigarettes, est gravée une cigarette ! Ce dernier côté comporte aussi deux emplacements pour des timbres et un autre destiné à une pochette d’allumettes. Sur le bord figurent la marque et la référence de patente datée de 1937 : “LSM PAT.ARL.1858/37 FOREIGN”. Le centre de l’objet est occupé par une pochette gainée de cuir marron très fin avec un miroir. Du côté “Beauté” se trouvent trois compartiments pour la poudre et le rouge avec houppettes et tamis, un emplacement pour le rouge à lèvres, un petit peigne en écaille.

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 A DROITE : Vanity case “Burlington” LSM en métal doré. Compagnie L. S. Mayer. Manufacture Gebrüder Schmidt, Idar-Oberstein, Allemagne (Réf. Lisa Larsson). Design 1937. 6,5 x 9,5 x 5,5 cm. Laiton. Collection Anne de Thoisy-Dallem.
    Ce vanity case est également en forme de petit sac. Il est semblable au modèle précédent hormis la matière et la couleur dorée. Il est décoré du motif guilloché dit de grains d’orge.


Années 1930-1950
 Trois poudriers en forme d’objets

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Années 1930   

Poudrier Castagnette.
    SGM (Société générale de Marque), Genève (Carouge), Suisse. Vers 1930. 10 x 7,5 cm. Bakélite noire et fils de coton rouge. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.
    Ce poudrier est une parfaite imitation d’une castagnette espagnole. Un ruban rouge avec pompon de passementerie, lié par de petites perles de cuivre, est enroulé autour du sommet.  L’initiale F, en métal doré torsadé, est collée sur le centre du couvercle.
    A l’intérieur de la castagnette sont toujours placés un tamis et une houppette en cygne. La boite d’emballage en carton (non visible sur la photo) porte l’inscrition « SGM Marque déposée ». Dans les années 30, le Flamenco devint mondialement célèbre grâce à de grandes danseuses comme la gitane Carmen Amaya (1913-1963) considérée comme la plus grande danseuse espagnole de sa génération. Ce poudrier est un très joli témoignage de cette mode.there is still a sifter and a swan-down puff. The original, plain cardboard box bears inscription « SGM Marque déposée » (SGM Trademark). In the Thirties, Flamenco dance became popular all over the world thanks to great dancers like Carmen Amaya (1913-1963) who was considered as the greatest Gypsy Spanish dancer of her generation. This amusing compact is a lovely testimony of this fashion.

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Poudrier à cadran téléphonique.
     Design de Salvador Dali pour Schiaparelli. Paris – New York, 1935, puis édité par Stratton jusqu’aux années 60. Diamètre : 8,8 cm. Bronze doré, émail noir, blanc et rouge. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.
    Ce poudrier noir au cadran de téléphone a été conçu par Salvador Dali pour le défilé Automne-Hiver d’ Elsa Schiaparelli en 1935.
Il s’agit de leur première collaboration. Les poudriers étaient probablement offerts aux clientes pendant le défilé.   
    Le poudrier pouvait être personnalisé en gravant son nom ou ses initiales sur une plaque décorée au centre du couvercle, ici « HS ». Il existe plusieurs versions de cet objet : en laque noire, écaille de tortue, rouge, bleue, argentée. En 1935, Elsa Schiaparelli s’installait au 21, Place Vendôme à Paris, une adresse très chic. Dali, toujours provocateur, a noté dans ses Mémoires que ce fut l’évènement le plus important de l’année. Cet exemplaire est en très bon état et contient toujours la houppette rose spongieuse et le tamis blanc. La base dorée est décorée de cercles guillochés. Des articles comme celui-ci furent offerts en édition limitée aux membres du Rotary Club pendant les années 50. Ce modèle continua en effet à être fabriqué bien après le dépôt de son brevet par Schiaparelli. Il a été vendu en Europe et aux Etats-Unis jusqu’aux années 1960, alors édité par la marque anglaise Stratton et la marque américaine Evans.

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Poudrier Volupté « Golden Gesture » en forme de main aux ongles rouges vernis.

Volupté. New York (345 Fifth Avenue) 1946. 11,5 x 5 cm. Cuivre brossé et émail rouge. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.
    La firme New-Yorkaise Volupté lance en 1946 ce poudrier Fantaisie (Novelty) en deux versions : le modèle présenté ici et une main en laiton sans rouge à ongle mais avec un bracelet en strass. Cet objet original s’inspire de l’Art de l’Asie du Sud-Est (mains élégantes des danseuses indiennes ou cambodgiennes, main du bouddha). D’autres versions avec des gants en dentelle, des cartes à jouer, des joyaux ou des signes du zodiaque imprimés furent vendues pendant les années 50.
    Le réservoir à poudre est placé entre les deux mains jointes, paume contre paume. L’intérieur est en métal doré brillant avec un miroir ovale et un fin couvercle qui porte l’inscription en letttres capitales « VOLUPTE U.S.A. ». Dans le compartiment à poudre est toujours placée une fine houppette en tissu avec l’inscription dorée « Volupté ». Sur la base est gravé “D. PAT. N°120.347” (numéro de dépôt du brevet).

 

1936, Boîte à poudre

Boîte à poudre Mascarade, L.T. Piver Paris. Sydney, New York. 1936. Diamètre : 7,2 cm. Carton et papier imprimé. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.

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     Cette boîte ronde au fond jaune pâle est décorée sur son couvercle des masques de la Tragédie et de la Comédie. Le premier est vert, ombré de noir et grimaçant tandis que l’autre, au visage blanc, aux joues et aux lèvres rouge vif, sourit. L’esthétique est caractéristique des années 30 à Paris. On peut lire en capitales rouges, vertes et noires « Mascarade L. T. Piver. Paris ».  Des rubans dorés ornent toute la surface tandis que les arêtes sont soulignées de rouge. Sur la base est indiqué en rouge et en anglais « Poudre mascarade. Rachel. Made in the following shades (…) Paris, Sydney, New York established 1774 (…) ». La poudre est toujours à l’intérieur.


1945, Vanity case

« Flying colors » vanity case. Design attribué à Arthur R. Botham. Coty. New York. 1945. 5,5 x 11,5 cm. Laiton doré. Email bleu, blanc, rouge. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.

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    Ce nécessaire de dame rare, original et patriotique s’appelle « Flying colors » (Couleurs volantes), titre suivi des mots « Triple Vanity – Loose powder, rouge and lipstick » (Triple vanité – Poudre libre, fard et rouge à lèvres) sur sa boîte d’emballage en carton. Il était vendu aux Etats-Unis par Coty en 1945 et commémore la victoire des Alliés à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
    Il est fabriqué en laiton doré en forme de demi-lune. Son couvercle imite les ailes d’un avion ou celles de l’aigle américain avec un rouge à lèvres au centre, rappelant le corps d’un papillon, décoré d’un ruban tricolore bleu, blanc, rouge aux couleurs des drapeaux alliés (américain, anglais et français). Dans le couvercle se trouve un miroir semi-circulaire. L’intérieur contient, à droite, un compartiment à poudre triangulaire et, à gauche, le rouge, avec de petites houppettes de même forme. La base est en métal doré finement strié, avec un cartouche gravé de la marque « Coty New York ». Au même moment, Coty vendait ses poudres “Airspun”.

Années 1950,  Poudrier

Poudrier Princess imitation Peau de serpent et écaille de tortue, Japon. 1950. 7 x 5,7 cm. Métal argent et laqué. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.

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    Cet élégant poudrier est doté d’un ingénieux mécanisme. Quand on tire sur le cordon, le compartiment à poudre s’ouvre comme un tiroir et le couvercle intérieur en métal, muni d’un miroir, se soulève. Sur le dessus, la composition géométrique est divisée en trois parties : une partie imitant l’écaille de tortue, une large ligne jaune puis une partie imitant la peau de serpent parcourue d’une ligne argentée. Le compartiment à poudre est placé dans le tiroir avec une houppette carrée. Près de la charnière est imprimé « Princess. Made in Japan ». Le Japon a commencé son active politique d’exportation dans les années 1950. La base est laquée en brun uni.

Intérieur du poudrier

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Années 1950
Deux Vanity cases ou « Minaudières » Werber, Paris

    Ce genre de ravissants coffrets pour dames auraient été inspirés par Florence Jay Gould, femme du millionnaire Franck Jay Gould, et bonne cliente de la maison de joaillerie Van Cleef and Arpels. Elle avait l’habitude d’emporter ses affaires de maquillage dans un étui à cigarettes Lucky Strike : rouge à lèvres et boîte à poudre accompagnaient briquet et cigarettes. En tout cas, de nouveaux modèles de boîtes luxueuses aux rangements pratiques commencèrent à se répandre au début des années 30. Elles rivalisèrent avec les traditionnelles pochettes ou sacs de soirée faits de perles, de cuir, de métal ou de soie jusqu’à la fin des années 50.

Les « Minaudières » (joli nom français pour ce type de “Vanity cases”) sont fabriquées en or, cuivre, laiton, laque noire ou argent. Les plus chères sont incrustées de pierres précieuses. Les motifs géométriques étaient très à la mode mais, après la Seconde Guerre Mondiale, beaucoup de motifs figuratifs réapparaissent avec oiseaux et végétaux stylisés adoucis par des courbes.

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    A GAUCHE : Minaudière argentée et dorée aux 12 fleurs. Werber. Paris, France. Vers 1950. 9 x 13,5 cm. Laiton, métal chromé, perles rouges en plastique. Collection Anne de Thoisy-Dallem.
    Cette minaudière des années 50, qui peut être transportée dans un sac à main en velours prévu à cet effet, est décorée d’un motif Art Déco : six feuilles et douze fleurs dorées dont le centre est fait d’un petit cercle contenant une minuscule perle rouge. Le fond argenté est rayé horizontalement. A l’intérieur, il manque le rouge à lèvres. Un autre emplacement vide était sans doute destiné aux cigarettes. Le compartiment à poudre avec tamis rose est fermé par un clapet doré décoré de fleurs.  On lit près du miroir  « Made in France » et sous le petit peigne en écailles « Paris WW ».

    A DROITE: Minaudière rectangulaire, dorée et argentée aux 9 anémones de mer. Werber. Paris, France. Vers 1950. 9 x 13,5 cm. Laiton, métal chromé, perles rouges en plastique. Boite d’emballage d’origine avec nom et adresse de la boutique de vente « Maison Royale. 2 boulevard de la Madeleine, Paris ». Collection Anne de Thoisy-Dallem.
    Cette minaudière est très similaire à la précédente mais porte un décor différent sur le couvercle. Neuf anémones de mer dorées dont les centres sont faits de petits cercles au coeur de perle rouge semblent flotter sur le décor argenté rayonnant. A l’intérieur est placé un rouge à lèvres décoré de fleurs ; la marque « Paris WW » est inscrite sur sa base ainsi que « Breveté France et étranger. Made in France » sur le tube. La case pour le rouge à lèvres est située près des cigarettes. Le compartiment à poudre et son tamis blanc n’ont jamais servi.

CI-DESSOUS : L’intérieur de la minaudière WW aux neuf anémones

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Années 1950, 1960, 1930

Trois poudriers en forme de valise, sac de voyage, porte-document

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    EN HAUT A GAUCHE : Poudrier en forme de valise.Etats-Unis. Années 50. 5,5 x 7,8 cm. Laiton. Collection Anne de Thoisy-Dallem.
    Ce poudrier Fantaisie, entièrement fabriqué en métal doré, a été produit aux Etats-Unis dans les années 1950. Il est en forme de valise avec boucles et poignée. Un cartouche au milieu du couvercle porte un nom gravé « Andine » ou « Undine ». La poignée s’abaisse pour ouvrir le poudrier. A l’intérieur, le miroir surmonte l’inscription « PAT. PEND » pour « Patent pending » (ce qui signifie “en attente de la patente”). Il y a un compartiment à fard et un autre à poudre gravé « PAT. N° 1883793. Made in USA ». Des poudriers similaires existent en d’autres couleurs, vert ou noir par exemple.

    EN HAUT A DROITE : Poudrier en forme de sac de voyage. Etats-Unis ou Angleterre. Années 1950  ou 1960. 5,5 x 6,5 cm. Laiton laqué en rose, bleu, jaune, blanc et rouge. Collection Anne de Thoisy-Dallem.
    Avec sa chaîne dorée et torsadée comme bandoulière, ce délicieux poudrier porte des étiquettes colorées de destinations glamour avec les noms de villes touristiques : Miami, Bermuda, Paris, New York, Washington, et, de l’autre côté, Atlantic City,  Rome, Los Angeles, London et Chicago.

  EN BAS AU CENTRE : Poudrier en forme de porte-document. France. Années 1930. 7 x 8,5 cm. Laiton et crocodile. Collection Anne de Thoisy-Dallem.
    Ce poudrier est presque entièrement gainé extérieurement de peau de crocodile. Les cuirs de crocodile et de lézard étaient très appréciés pour les bagages et les sacs à main des années 30 aux années 60. Tout autour de l’objet court un fil torsadé de métal doré. Le poudrier s’ouvre en baissant la poignée. L’intérieur comprend toujours la houppette en duvet de cygnet rose. Sur le bord droit est gravé “MODELE DEPOSE”.

Années 1950
Deux poudriers Stratton des années 1950

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    A DROITE : Poudrier Stratton aux ballerines. Stratton, Angleterre. Années 50. Diamètre. 7,7 cm (3 pouces anglais). Laiton et impression en couleurs. Collection Anne de Thoisy-Dallem.
    Sur le couvercle, plus d’une douzaine de ballerines brunes et blondes en longs tutus verts, blancs, orange, bleus et roses parsemés de petits détails en noir, répètent des pas de danse. La marque Stratton est gravée sur le couvercle intérieur. Son fameux logo « Compact-in-hand », un poudrier ouvert tenu dans une main avec la marque Stratton inscrite au-dessous, montre un des éléments spécifiques inventé par cette marque : le couvercle intérieur s’ouvrant séparément. Ce mécanisme élaboré, déposé en 1948, était destiné à protéger les ongles de ces dames. Les poudriers Stratton, dotés de ce logo, peuvent ainsi être datés d’après 1948 (Information Juliette Edwards). Au-dessus du miroir, on lit en lettres capitales “MADE IN ENGLAND STRATTON”. La base est décorée de cercles guillochés.

    A GAUCHE : Ce joli poudrier rond est décoré sur l’ensemble du couvercle de petits motifs colorés imprimés sur le métal doré : éventails, ombrelles, chaussures et fleurs. A l’intérieur, sous le miroir, est gravé « Made in England ». La houppette est marquée « Stratton » avec le logo « Compact-in-hand ».  Comme le modèle précédent, la base est décorée de cercles guillochés.

Années 1950 – Années 1930
Trois poudriers en laiton en forme d’objets

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    EN HAUT AU CENTRE : Poudrier Sonata Piano Pygmalion. Pygmalion. Angleterre. 1953 (Brevet déposé en 1954). 7 x 6 cm. Laiton. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.
    Ce poudrier de marque Pygmalion représente un piano à queue miniature. Ses nom et numéro figurent sur son emballage en carton (non visible sur la photo). La surface est décorée de petits losanges gravés. Le couvercle qui porte un cartouche à monogramme s’ouvre comme celui d’un piano. Il contient un miroir avec houppette et tamis roses.  On lit sur le couvercle intérieur « Pygmalion Made in England ». Les côtés du piano sont finement décorés d’une frise ondulante tandis que la base est munie de pieds pliants (afin de les protéger) et d’une pédale en forme de lyre. Des variantes de cet objet existent, tels un modèle musical ou un autre en nacre. Ce nom de Pygmalion qui signait des objets de “vanité” était utilisé par la compagnie britannique londonienne “S.D. (Salo David) Rand Limited” enregistrée en 1942. S.D. Rand LTD, légalement constituée en 1949, se situait sur Regent Street à Londres. Selon les dates retrouvées sur les publicités, la production de Pygmalion semble avoir cessé au milieu des années 50. Pourtant, en bien peu d’années, cette marque a désigné de délicieux poudriers maintenant bien connus des collectionneurs : le piano Sonata mais aussi le Globe, ou des poudriers en forme de valise…

    EN BAS A GAUCHE : Poudrier Melissa en forme d’éventail. Searchlights products LTD. Angleterre (Acton London W3 et Uxbridge, Middlesex). Années 1950. 11 x 6,5 cm. Laiton. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.
La compagnie britannique « Searchlight Products » a fabriqué des poudriers des années 1950 aux années 60 (information British Compact Collectors’ Society). D’intéressants poudriers portant la marque Melissa témoignent toujours de la qualité de cette marque. Ce beau poudrier en laiton, divisé en quartiers, est orné de lignes courbes délicatement guillochées dans le métal doré. Sur le couvercle, des motifs végétaux recouvrent les coins et les bords. A l’intérieur, un miroir ovale surmonte la marque « Melissa Made in England ». Le compartiment à poudre est protégé par un couvercle intérieur décoré de stries et de deux éventails stylisés.

    EN BAS A DROITE : Poudrier-rouge à lèvres en forme de clef. Sans marque. Espagne ? (acheté en Espagne). Vers 1930. 20 x 5,7 cm. Laiton. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.
    Dans cette clef en or se dissimulent un poudrier et un rouge à lèvres. La tête au feuillage sculpté contient le compartiment à poudre, une houppette en cygne et un tamis. Le rouge à lèvres est contenu dans la tige.  


1951

Poudrier « Bird in Hand » [L’oiseau dans la main] Designer Ellison Ireland (Brevet 1956). The Elgin American Company. Illinois, Etats-Unis. 1951. 12 x 6,5 cm. Bronze argenté et doré. Anne de Thoisy-Dallem Collection, Paris.

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    Ce poudrier d’Elgin American est le « Graal » pour les collectionneurs de poudriers.
    Elgin American est une manufacture de poudriers très connue en son temps qui labellise ses propres poudriers. C’est l’une des marques américaines les plus populaires avec des poudriers parfois très élégants mais à prix encore abordables comme Evans et Volupté. A l’origine, Max et Solomon Eppenstein, deux frères aux racines juives-hongroises venus d’Alsace, établissent l’usine Eppenstein à Chicago en 1886. Ils déménagent rapidement à Elgin dans l’Illinois pour fonder The Illinois Watch-case Co. Au cours du XXème siècle, des années 20 aux années 60, Elgin American produit une énorme quantité de poudriers et de vanity cases. La marque a commencé à fabriquer ce type d’objets quand les poudriers sont devenus très à la mode après la Seconde Guerre Mondiale.  L’usine étant auparavant impliquée dans la fabrication d’étuis à cigarettes et de boitiers de montre, les mêmes machines et savoir-faire pouvaient être utilisés pour cette nouvelle gamme d’objets.   

    Cet extraordinaire poudrier d’inspiration surréaliste en forme d’oiseau a été commercialisé en 1951. Le bronze est argenté avec des touches d’or sur le corps et les ailes et des yeux métalliques couleur rubis. Il rappelle le proverbe anglais « A bird in the hand is worth two in the bush » [Un oiseau dans la main vaut mieux que deux dans le buisson] équivalent du dicton français “Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras”.
    Le design a été conçu en trois versions, bronze, métal argenté, et couleur argent avec des accents dorés comme celui-ci. Le nom de Dali  est gravé et peint en noir sur le cou de l’oiseau. Un petit clapet sur la queue permet aux ailes de s’ouvrir présentant ainsi le compartiment à poudre tandis que, pour accéder au rouge à lèvres, l’utilisatrice tire sur la tête du volatile. Le poudrier ouvert révèle un miroir et un couvercle intérieur en argent guilloché décoré de vaguelettes régulières. Sur le cartouche central est gravé « Elgin American Made in USA Pat Pend » (pour “Patent Pending” soit en attente de patente). Le compartiment à poudre contient encore la houppette verte et dorée, couleurs de l’écrin de velours. La brochure accompagnant l’objet précise « Bird in hand compact styled and created from a design by Salvador Dali. Elgin American » [Poudrier “Bird in Hand” stylisé et créé d’après un dessin de Salvador dali].
    Une publicité parue dans le Vogue US du 1er mai 1951, p. 19, insiste sur cette paternité : « Elgin American interprets a Dali flight of Fancy » [Elgin American interprète une fantaisie ailée de Dali] mais il semble qu’il ne s’agisse que de pur marketing, le dessin de Dali n’ayant jamais été retrouvé. Le peintre a dû vendre son nom apposé sur l’objet, puis sa photographie pour la publicité. Ce poudrier, petit chef d’oeuvre d’Elgin American, a en fait été conçu en interne par les employés de la marque. Ellison Ireland, créateur de nombreux poudriers, en est probablement le principal designer. Sur les documents de patente finalement déposés en 1953, il signe le dessin. Le poudrier est également listé dans le catalogue commercial d’Elgin American de 1952-1953.
    Parmi beaucoup d’autres, l’actrice Marlène Dietrich possédait ce très bel objet, combinaison de beauté et d’étrangeté rappellant le Surréalisme.


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Quatre poudriers en forme de montre

    Certains poudriers ressemblent à des boitiers de montre. Ce n’est pas étonnant étant donné que certains boitiers de montre étaient originellement produits par des companies qui, plus tard, se sont mis à fabriquer des poudriers comme Elgin American (auparavant Illinois Watch Co manufacture). Tous les modèles présentés ici s’ouvrent en pressant le bouton, comme un remontoir, entouré d’un anneau de suspension.

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    1. Poudrier en forme de montre à gousset avec blason de Madame de Pompadour France (?).
    Sans marque. Vers 1960. Diamètre : 6,1 cm. Hauteur avec bouton : 9,5 cm. Laiton avec émail argenté, doré et rouge. Collection Anne de Thoisy-Dallem.
    Ce compact en laiton doré est richement décoré. Sur le couvercle, un cadran de montre à chiffres romains sur un fond émaillé rouge et doré indique l’heure, soit 5h07. Sur la base, le blason à trois tours sous une couronne, flanquées de deux dragons d’argent stylisés, reprend les armes de Madame de Pompadour, reine de beauté s’il en fut.
   
    2. Poudrier en forme de montre à gousset avec chaine et médaille. France. Vers 1930-40. Diamètre : 5,5 cm. cuivre. Collection Anne de Thoisy-Dallem.
    Ce poudrier en cuivre est décoré au milieu du couvercle de deux fleurs entourées de feuilles. La base est lisse avec une petite inscription au centre  « Made in France ». L’intérieur est vide hormis un miroir circulaire. L’objet est relié à une médaille signée M. Stitip avec une petite chaine figurant la tête de César d’un côté et la Justice de l’autre. Ce modèle de médaille date du XIXème siècle.
    
    3. Poudrier en nacre en forme de montre à gousset. Estée Lauder. Etats-Unis, New York. 1966. Diamètre : 6 cm. Laiton et plastique. Collection Anne de Thoisy-Dallem.
    Ce poudrier est relié à une cordelette en coton noir. Sur le couvercle, se trouve un large disque en plastique imitant la nacre. Au centre, un monogramme porte les lettres « E L » pour Estée Lauder. La base métallique dorée est décorée de losanges contenant de petites fleurs de lys. A l’intérieur, la houppe en plastique est marquée « Estée Lauder » et le godet en fer blanc « Estée Lauder Inc USA transparent New York ».

    4. Poudrier Sofia en forme de montre à gousset, Zell, Fifth Avenue, New York. Etats-Unis. Vers 1950. Diamètre : 6,2 cm. Laiton. Collection Anne de Thoisy-Dallem.
    Ce poudrier Zell relié à une cordelette de soie noire, est décoré sur le couvercle d’un étoile centrale et de fleurs. Au centre est réservé un petit espace pour graver son monogramme. La base est guillochée de cercles circulaires. A l’intérieur, le tamis rose est toujours neuf. Sur la houppe ronde est inscrit « Zell Fifth Avenue ».
    La compagnie Zell fabrique des poudriers des années 30 aux années 60.  Concurrente directe des autres grandes marques de poudriers de la fameuse 5ème Avenue à New York (Dorset, Columbia, Rex et Dal), elle y avait ouvert une grande et élégante boutique. La compagnie a été fondée par David H. Zell (mort en 1944) à Broadway. Plus tard, la « Zell Products Corporation » fabriquait ses poudriers, étuis à cigarettes, porte-monnaie et autres articles en cuir et en métal dans le Connecticut. Pour ce modèle appelé Sofia, une autre version existe en rouge. 

 

Huit accessoires de beauté en cuivre et en nacre
du XIXème siècle aux années 1950

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    On voit sur cette photographie, différents accessoires de périodes différentes. Ils ont deux points communs : la nacre et la beauté féminine. La nacre est une matière robuste, irisée, belle et naturelle qui provient des coquillages. Elle a été longtemps utilisée en marqueterie et tabletterie  pour décorer du mobilier, des boîtes ou des éventails.

    De haut en bas, et de gauche à droite, on peut voir un rouge à lèvres avec un petit miroir escamotable (1930), un poudrier rectangulaire à décor d’échiquier (1930), un vaporisateur à parfum (1950), un poudrier de marque Noailles décoré d’un panier en feuilles d’or (1920), deux poudriers, l’un carré, l’autre rond en laiton doré et nacré au décor d’échiquier (1930-1940), un polissoir à ongles en cuir et nacre (vers 1920) et une palette à fard probablement du début du XIXème siècle. Dans la collection, bien d’autres poudriers utilisent cette matière, très appréciée pendant la période Art Déco, comme d’autres matériaux précieux dérivés de la nature (peau de raie et de requin, écaille de tortue, ivoire, plumes, etc).

 

AFFICHES, PUBLICITES ET CARTES POSTALES

AFFICHES L.T.PIVER : 1889-1930

Affiche : A la Reine des fleurs, 1889. Dessin : Auguste-François-Marie Gorguet pour L.T. Piver. Imprimeur Maquet. Lithographie en couleur sur carton, 68 x 50 cm. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris

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    Reine des Fleurs, une fraîche « eau de Cologne », est la première fragrance de l’ancienne parfumerie parisienne Louis Toussaint Piver. Elle a été conçue par son premier propriétaire Michel Adam en 1774. L’affiche montre une belle jeune femme brune aux longs cheveux noirs, baptisée la Reine des fleurs. Elle porte une longue robe blanche et une couronne fleurie. Un chérubin ailé lui offre une branches de roses.     Sur les côtés, Flore représente la nature et Vénus, la beauté, tandis qu’on peut lire « Parfums » sous Flore et « Savons » sous Vénus. L’image n’est pas complète car le carton a été coupé sur le côté gauche et en bas mais la marque est toujours visible en lettres capitales dorées « L.T. Piver. Paris ».
    Sur l’image complète, vue dans une autre collection privée, une inscription se référant à l’artiste précise « Aug. François Gorguet invenit ». Gorguet, étudiant à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris a été l’élève entre autres des peintres Léon Gérôme et Léon Bonnat. Il a exposé au Salon des Artistes français à partir de 1885 et a gagné le premier prix à la Worlds Exposition de Chicago en 1892. Ses travaux décoratifs et sa peinture appartiennent au courant symboliste et à l’Art Nouveau.

DETAIL de Reine des Fleurs

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Années 1920 : Affiche L.T.PIVER

Affiche : Parfums. Poudres. Lotions L.T. Piver Paris, vers 1920. Dessin : Raymond Ward (?) pour L.T. Piver. Imprimeur Maquet. Lithographie en couleur, 68 x 53 cm. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris

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    Cette affiche pour la parfumerie L.T. Piver est signée en bas à gauche mais la signature est difficile à lire. Sur cette délicate image, on voit une femme en déshabillé rose aux cheveux châtains relevés en macarons. Elle est assise dans sa chambre ou son boudoir, dans un fauteuil de style classique devant une table de toilette en bois surmontée d’un miroir escamotable.
    Elle semble seule et se contemple dans son miroir à main. Sur la table, sont disposés des flacons de parfum et un petit vase de roses. La décoration intérieure caractéristique du début du XXème siècle en France, avec ses couleurs chaudes comme le rouge et le brun contrastant avec le bleu et le vert, est douce et intime.

                       DETAIL de Parfums. Poudres. Lotions L.T. Piver Paris

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Années 1930 : L.T.PIVER Poster

Poster : L.T. Piver Parfums, Poudres, Lotions, Savons, etc. verse 1930’s. Design : Pierre de Belair for L.T. Piver. Maquet Gr. Printing house. Colour lithograph, 57 x 45 cm. Anne de Thoisy-Dallem Collection, Paris

1930_L.T. Piver Parfums, Poudres, Lotions, Savons, etc.

    L’affiche est signée en bas à droite « P. de Belair ». Cet artiste peintre, décorateur et affichiste, Pierre Mitiffiot de Belair (Lyon, 1892-1956) est enregistré au Salon des Artistes français en 1929. Il a été l’élève du peintre Jean-Paul Laurens. On voit sur cette image une belle jeune femme aux cheveux roux ondulés assise dans sa chambre à sa table de toilette. Elle porte un long déshabillé gris volanté autour des épaules et des chaussures à talons hauts contemplant son joli visage souriant dans un miroir à main. Les meubles (armoire, table ronde, et table de toilette) typiquement Art Déco, sont tous en acajou. Sur la table de toilette sont disposés des bouteilles de parfum, des vaporisateurs, des crèmes et des boîtes à poudre. Les rideaux de soie jaune, le tapis de laine blanche, le papier peint à tonalités rouges et les branches fleuries créent une atmosphère raffinée. L’affiche a toujours son cadre d’origine en bois et stuc peint mais la petite plaque de cuivre qui portait la marque « L.T. Piver » est manquante.

DETAIL de L.T. Piver Parfums, Poudres, Lotions, Savons, etc.

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1916, Illustration de La Vie parisienne

La question étourdie, 1916. Dessin : Zyg Brunner dans “La Vie Parisienne”. Papier imprimé, 34,8 x 25,8 cm. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris

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    Cette illustration a été publiée dans La Vie Parisienne (revue culturelle née en 1863) le 1er juillet 1916. L’auteur, Zyg Brunner (1878-1961), ou Zig Brunner, est un illustrateur et caricaturiste polonais. Arrivé à Paris au début du XXème siècle, il travaille pour différentes revues en vogue comme La Gazette du Bon Ton, La Vie Parisienne, Le Rire, et bien d’autres. Dans cet amusant dessin datant de la Première Guerre Mondiale, il illustre le contraste entre les mondes aristocratiques masculin et féminin par l’entremise d’un jeu de mot au sujet de la « poudre », utilisée en cosmétique mais aussi  en matière d’armement. Assise devant son miroir, dans un boudoir très féminin tapissé de Toile de Jouy, une dame souriante agitant une houppette en duvet de cygne, demande, d’après la légende, à un officier en uniforme qui fume dans son fauteuil : « – L’odeur de la poudre ne vous gêne pas, cher ami ? ».

DETAIL de La question étourdie

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1919 :
Carte postale

Carte postale Mésange 921 avec jeune femme se poudrant, vers 1919. Edition Mésange (probablement fabriquée par L.L. Lévy fils et Cie, Paris). Photo sur papier, 13,7 x 8,4 cm. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris

1919_Mésange 921 Postcard Young woman putting on powder

    Cette photographie sépia donne un sentiment nostalgique de douceur féminine avec une jeune femme souriante poudrant son cou, houppette bleu-vert dans sa main gauche. Ses épaules sont nues et elle tient un miroir dans sa main droite. Elle porte des cheveux ondulés à la mode du temps. En bas à droite, est imprimé en blanc le nom et le numéro de l’impression « Mésange 921 ». Le timbre montrant la semeuse (symbole de fertilité) indique la date de l’envoi de la carte (1920). Du côté écrit, se lisent des souhaits de bonne année pour 1920 adressés à Mademoiselle Suzanne Pinault 80 Bis Boulevard Ornano Paris 18ème par Raymonde et Félix. Beaucoup de cartes postales françaises imprimées aux alentours de 1920 représentaient des jeunes femmes dans leur intimité.

1920 : Publicité Malacéine

Publicité Poudre de riz Malacéine de Monpelas Paris, 1920. Dessin : Gerda Wegener dans « L’Illustration ». Papier imprimé, 40,4 x 29,4 cm. Collection Anne de Thoisy-Dallem Paris

1920_Poudre de riz Malacéine de Monpelas Paris

    Cette publicité en noir et blanc pour la « Poudre de riz Malacéine de Monpelas Paris » a été publiée dans L’illustration (fameuse revue hebdomadaire française) le 10 avril 1920. Monpelas était une ancienne maison de parfums créée en 1830 et située à Paris. Ses produits principaux étaient la poudre, la crème et le savon Malacéine. L’illustratrice, qui a signé en bas à gauche, s’appelle Gerda Wegener. Née Gottlieb, elle était diplômée de l’Académie royale des Beaux-Arts de Copenhague. Attirée par la mode et les revues prestigieuses, elle a travaillé entre autres pour Vogue ou La Vie Parisienne et, installée à Paris en 1912, s’est fait connaître par ses illustrations au service de la publicité.
    Son histoire n’est pas ordinaire car son mari Einar Wegener devint femme sous le nom de Lili Elbe et fut l’un de ses modèles favoris. Cette illustration montre une gracieux « Pierrette » en grand col blanc, retenue par deux délicieuses marquises tandis qu’une troisième secoue une houppette en cygne devant son visage. Elles portent des plumes dans les cheveux et leurs costumes rappellent le 18ème siècle. La terrasse où elles se tiennent est bordée d’un beau et lumineux jardin. Sous l’image, une longue légende se réfère à la scène tout en énumèrant les qualités de la poudre de riz.

DETAIL Poudre de riz Malacéine de Monpelas Paris

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1935 : Publicité Caron

Publicité : Les cent poudres Les cent fards de Caron, 1935. Dessin : attribué à Paul Ternat publié dans « Plaisir de France », octobre 1935. Papier imprimé, 32 x 24 cm. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris

1935_Les cent poudres Les cent fards de Caron

    La maison parisienne Caron fut créée en 1904 et entra sur le marché américain en 1923. Célèbre pour ses parfums, ses poudres parfumées à la rose de Bulgarie étaient aussi très appréciées. En 1935, date de cette publicité, Caron avait déjà lancé plusieurs poudres : la Pompon poudre vendue en sachet (1908), des boîtes à poudre coordonnées aux parfums telles Narcisse noir (1911), N’aimez que moi (1917), Le tabac blond (deux versions de boîtes à poudre en 1919 et en 1933), Nuit de Noël (1922), Les pois de senteur de chez moi (1927), En avion (1932), Fleurs de Rocaille (1933). Mes jeunes années (1914-1915) et Kabyle sont parmi les premières poudres de riz de Caron.
    Ces poudres libres pour le visage, aux teintes variées et aux noms poétiques, étaient réputées pour leur haute qualité par les spécialistes de la peau. Des cosmétiques comme la « Sous-poudre », des blushes coordonnés, des crèmes de beauté étaient également proposés. Chez Caron, les boites étaient conçues en collaboration par Ernest Daldroff, créateur des parfums, Félicie Wanpouille, son associée, et le designer Paul Ternat. Ce dernier a créé des boîtes, des affiches et des emballages et a élaboré des campagnes publicitaires pour Caron entre 1925 et 1951. Sur cette publicité, on peut voir le visage souriant d’une femme aux cheveux ondulés blonds et aux yeux bleus tournés vers le ciel. Elle porte un rouge à lèvres rouge vif et du rose aux joues. L’arrière-plan est gris pâle. Une publicité similaire existe avec une jeune femme brune.

1941 : Publicité Lancôme

Publicité : Pour se faire belle Lancôme maquillage, vers 1941. Dessin attribué à Georges Delhomme publié dans « L’Illustration ». Papier imprimé (Imprimerie Draeger, Paris). 38,2 x 28 cm. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.

1941_Pour se faire belle Lancôme maquillage

    Lancôme, situé au 29, rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris, est fondé en 1935 par Armand Petitjean, un ancien employé de Coty. Cette prestigieuse compagnie a eu un immense succès commercial. George Delhomme concevait les flacons de parfums, les boîtes à poudre et le “packaging” de cosmétiques variés. Lancôme se voulait baroque, original et luxueux. En accord avec Armand Petitjean, Delhomme avait décidé de réagir contre l’esthétique sobre et géométrique de l’Art Déco. Il dira plus tard : « Au cours des Années 30, moins que ce soit était du plus Chic […]. Nous avons décidé de faire le contraire ». Petitjean refusait toute forme de publicité à l’exception, comme ici, de quelques publications élitistes parues dans des magazines élégants. Il a probablement lui-même écrit le long texte accompagnant l’image au dos de celle-ci: « Faites-vous belle en vous gardant belle ». Sur la publicité, on lit en bas à droite : « Pour se faire belle Poudre, Rouge à lèvres et joues, Fards et cosmétiques pour les yeux, Vernis pour les ongles. Lancôme maquillage ».
    Plusieurs produits cosmétiques sont disposés près d’un miroir blanc et rond : du vernis à ongles, une boîte à poudre, du bush rose-orangé, du noir pour les yeux, de la crème rose et du rouge à lèvres. La boîte « Poudre de Lancôme » est décorée de fleurs dorées aux feuilles blanches sur un fond bleu. Les différents produits se réfèrent aux trois branches d’activité de la marque représentées par une rose pour le parfum, des chérubins pour le maquillage et une fleur de lotus pour les soins de beauté. Sur la gauche, une petite main rose potelée tient une houppette en duvet de cygne blanche.

1945 : Publicité D’Orsay

Publicité : La poudre Secret – Les parfums du Chevalier d’Orsay, 1945. Dessin : André Delfau dans « Plaisir de France », n° 124, mars 1947. Papier imprimé, 31,6 x 24 cm. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris

1945_La poudre Secret - Les parfums du Chevalier d’Orsay

    Alfred Grimod, Comte d’Orsay (1801-1852) était un peintre amateur français et un dandy dans le vent. A Londres, il rencontra Charles Gardiner, Comte de Blessington et sa femme Lady Marguerite. Profondément amoureux d’elle, il créa différents parfums à son intention. Après sa mort en 1865, les descendants d’Alfred s’inspirant de cette histoire, lancèrent à Paris le parfum « L’eau du Bouquet ». Au tournant du siècle suivant, le franco-hollandais Van Dyck, le couple allemand Berg et le russe Finck reprirent « Les Parfums d’Orsay » mais, en 1915, à cause de la guerre, ils durent quitter le pays.
    En 1916, la parfumerie fut rachetée par Madame Guérin et une boutique décorée par Sue et Mare ouvrit en 1923, Rue de la Paix. A partir de 1936, son fils Jacques Guérin, nouveau directeur, employe de très bons artistes comme Marie Laurencin ou Jean Cocteau pour dessiner les flacons de parfums, le conditionnement des boîtes à poudre, les étiquettes et les publicités.

    Dans cette publicité en couleur de 1945 dessinée par l’illustrateur de mode André Delfau, on peut voir une jolie jeune femme blonde vêtue d’une robe rayée en bleu et blanc avec petit chapeau et ombrelle, le tout rappelant l’époque des Impressionnistes. Ce dessin évoque subtilement la passion secrète d’Alfred d’Orsay pour la Comtesse de Blessington. La boîte à poudre blanche, bleue et dorée intitulée « La poudre Secret » est représentée en bas à gauche. Son papier gaufré imite le cuir. Cette boîte a été créée vers 1942 et fabriquée pendant plusieurs décennies. Sous l’image, on peut lire un texte poétique au sujet de “La poudre Secret” ainsi que le nom de la marque « Les parfums du Chevalier d’Orsay » avec le logo de la société qui représente un élégant cavalier, le comte d’Orsay.

DETAIL : La poudre Secret

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1952 : Publicité Bourjois

Poudre Soir de Paris Bourjois, 1952. Dessin : Raymond Brenot dans « Paris Match ». Papier imprimé. 35,2 x 26,5 cm. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.

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1955 : Publicité Bourjois

Soir de Paris Bourjois, 1955. Dessin : Raymond Brenot dans « Paris Match ». Papier imprimé. 35 x 25,9 cm. Collection Anne de Thoisy-Dallem, Paris.

1955_Soir de Paris Bourjois

    « Soir de Paris (ou Evening in Paris) » est le parfum iconique de Bourjois, une fameuse marque de cosmétiques établie à Paris en 1863. Il fut créé par Ernest Beaux en 1928 et vendu à l’origine dans un flacon bleu de cobalt dessiné par le peintre Jean Helleu (1894-1985) qui concevait des emballages et des flacons pour Bourjois et Chanel.
    Dans les deux publicités, la boîte à poudre est de la même couleur et porte de petites scènes et détails parisiens argentés (la Tour Eiffel, un peintre et son modèle, un couple dînant au restaurant, un policier, une calèche…). Cette fragrance florale et épicée a toujours été le parfum le plus populaire de Bourjois et c’est avec ce produit que Bourjois a apporté le luxe de la bourgeoisie parisienne aux classes moyennes.Tout au long des années 30, des centaines de coffrets (vanity cases) contenant la ligne parfumée “Soir de Paris” ou « Evening in Paris» sont vendus à tous les prix. Pendant les années 50, « Soir de Paris » est toujours très en vogue. La publicité est confiée à Raymond Brenot (1913-1998). Ce peintre français, styliste et designer à la mode, signait « Brenot », « Pierre Laurent Brenot », « Raymond », « Laurent », « Raymond Berry », « Carols » ou « Brissac ». A partir de 1944, il est très actif dans le domaine de la mode comme affichiste et illustrateur. Souvent inspiré de Brigitte Bardot, c’est le père de la « French pin-up ». Ses dessins gais et colorés pour Bourjois, signés Raymond, montrent des couples sophistiqués se préparant à sortir le soir et des mondaines se “faisant une beauté”.
    Sur la première publicité, le visage d’une jolie jeune fille blonde au collier de perles dépasse d’un rideau bleu ; ongles vernis et manucurés, maquillage éclatant, elle se poudre le visage. Munie de sa houppette en cygne rose surgie d’une boîte à poudre “Soir de Paris”, elle semble prête pour le bal. Sur la seconde publicité, une femme du monde très glamour aux cheveux noirs et courts, à la bouche rouge vif et aux sourcils parfaitement dessinés, met ses boucles d’oreille en émeraudes et diamants. Assise dans un fauteuil devant sa coiffeuse, elle porte une robe de soie jaune. Derrière elle, près d’un rideau vert, se tient un homme très chic, sans doute son mari, vêtu d’un smoking noir et d’une chemise claire, une fleur blanche à la boutonnière. Cigarette à la main, il l’attend, tout en la contemplant, pour un imminent départ à quelque élégante soirée mondaine.

Rencontre avec la collectionneuse
Anne de Thoisy-Dallem

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    Selon le souhait de PATRONS de présenter d’importantes collections, nous avons rencontré Anne de Thoisy-Dallem qui a passé dix ans à créer une collection afin de pouvoir contribuer à l’histoire des accessoires de beauté et des poudriers, encore peu étudiés. Elle nous répond avec sa passion de collectionneuse mais aussi avec l’autorité que lui confère sa solide formation en histoire de l’art.

Patrons : Comment vous est venu cet intérêt pour les poudriers?

Anne de Thoisy-Dallem : Cela fait bien longtemps que je m’intéresse aux accessoires de mode. Je collectionnais déjà, de façon moins systématique, de petits sacs, des carnets de bal, des porte-monnaie, des gants, des éventails, des ombrelles, des flacons de parfum, des rouges à lèvres et des nécessaires de dame. Ce monde féminin fait d’intimité et de délicatesse, sa recherche d’élégance dans les détails, m’attire.

P :  Pourquoi avez-vous alors choisi de vous consacrer plus spécifiquement à l’un de ces accessoires parmi autant de sujets ?

ATD : En constituant cette collections de poudriers et de boîtes à poudre depuis 2009, j’ai remarqué qu’il y avait très peu de publications sur ce thème. J’ai décidé d’en apprendre plus à leur sujet. J’espère contribuer à la connaissance et à la compréhension de ce type d’objets en les collectionnant et en les étudiant.

P :  Avez-vous des sujets préférés ?

ATD : Je souhaite illustrer les marques et la fabrication françaises mais également les autres productions européennes et la production américaine. En tant qu’ historienne de l’Art, je m’intéresse surtout aux styles et aux formes des boîtes. Je cherche à retrouver les dates et les auteurs, même si j’apprécie aussi les parfums des poudres. 

P : On pourrait dire que cette collection est parfaite pour une française ?

ATD : Oui certainement. Il est normal en France, depuis des siècles, de se parfumer. Le parfum fait partie de l’identité française. J’ai de bonnes références en la matière. Ma grand-tante, soeur de mon grand-père, qui ressemblait à une marquise du XVIIIème dans son bel appartement près du Champ-de-Mars, était toujours couverte d’une poudre de riz très agréablement parfumée. Dans ma famille, les femmes portent des parfums comme Guerlain et Dior. Moi-même, aujourd’hui, fan des créations de Jean-Claude Ellena, je porte Un jardin sur le Nil d’Hermès.

P : Pourquoi avez-vous commencé votre collection en 2009 ?

ATD : Après 20 ans au service des musées de France comme conservatrice, j’ai décidé il y a 7 ans de travailler comme chercheuse indépendante. Férue d’histoire de l’Art et désireuse de transmettre, j’ai travaillé activement sur la constitution de ma collection de poudriers et de boîtes à poudre que j’avais modestement commencée trois ans auparavant en 2009. Dans le beau Passage des Panoramas, le plus ancien de Paris construit en 1799, j’ai découvert un jour par hasard avec ma fille deux poudriers Art Déco. Ce fut le départ inconscient de ma future collection. Comme Pandore, j’ai toujours été attirée par les boîtes mais aussi par le parfum, hésitant quand j’étais jeune entre des études d’histoire de l’art et celles pour devenir parfumeur.

P : Prévoyez-vous d’exposer ces merveilles afin que le Public puisse les admirer ?

ATD : Il n’y a encore eu aucune exposition avec mes poudriers et mes boîtes à poudre car je travaillais jusqu’ici sur la constitution de la collection, son inventaire et son étude. Aujourd’hui, je voudrais partager mon intérêt et offrir à la curiosité du public cette collection, complètement inconnue jusqu’à maintenant.
La première exposition se tiendra l’été prochain au Musée International de la Parfumerie de Grasse (MIP) du 20 mai 2020 au 27 septembre 2020 puis la collection sera exposée dans une version un peu différente à la Bibliothèque Forney à Paris du 3 novembre 2020 au 30 janvier 2021. Le titre est le suivant : « Le siècle des poudriers (1880-1980). La poudre de beauté et ses écrins. (Autour de la collection d’Anne de Thoisy-Dallem) ». Ces deux lieux, Grasse et Paris, ont été choisis car, pour différentes raisons, ce sont les plus célèbres et les plus importants de la parfumerie française et internationale.

P : Dans cet article, vous nous présentez des pièces issues de vos collections magnifiquement décrites dans votre texte… Pouvez-vous nous en dire plus sur le contenu de la collection ?

ATD : Aujourd’hui, la collection dépasse les 2500 pièces concernant la poudre de beauté. Il s’agit de poudriers de sacs et vanity cases (1200), boites à poudres en carton et autres matières (900), documents tels que publicités, peintures, dessins, archives, catalogues, cartes postales, cartes parfumées, éventails (plus de 400).
Ces objets représentent de très nombreuses marques de parfumerie et de haute couture. Il est impossible d’énumérer tous ces noms différents comme Roger et Gallet, L.T. Piver, D’Orsay, Lubin, Volnay, Jean d’Albret, Tokalon, Hudnut, Caron, Guerlain, Lancôme, Versace, Rochas, Dior, Arden, Lauder, Rubinstein, etc.
D’autres poudriers ou minaudières sont ciselés par des joailliers (pour Hermès, Lancel, Boucheron). D’autres encore sont des produits industriels fabriqués dans des matières modestes comme la bakélite ou le laiton (Etablissements Bondy, SGM…).
Pour les boîtes à poudre qui étaient destinées aux tables de toilette ou aux commodes de chambre à coucher, le choix est vaste, du carton au cristal : porcelaine, verre, laque, papier maché, bakélite, bois, paille ; tant de manufactures (Baccarat, Saint-Louis, manufacture de Desvres, Boulogne…) et tant d’artisans de tout bord !
Un talent créatif inoui apparaît en effet dans ces objets parfois modestes, parfois somptueux, réalisés par des maîtres-verriers comme Lalique ou Viard et des illustrateurs comme Iribe ou Lepape.

P : Prenons maintenant congé de Anne que nous retrouverons dans ce qui sera certainement une exposition emblématique sur les poudriers et la poudre de beauté. Elle sera d’ailleurs documentée grâce à l’édition d’un catalogue regroupant différents auteurs spécialisés autour de la collection d’Anne de Thoisy-Dallem, publié avec le MIP (Musée International de la Parfumerie de Grasse) disponible  à partir de juin 2020. Des conférences seront également organisées l’année prochaine autour de la poudre de beauté et de ses accessoires à Grasse et Paris.

*Anne voudrait remercier François Goalec et Barthélémy Despax (photographes), Patrice et Valentin Dallem ainsi que Louise Garavaglia pour leur collaboration durant le travail préparatoire.